Tapis roulants aquatiques : mode ou utile ?

tapis roulants aquatiques

Les tapis roulants aquatiques et les centres de balnéothérapie équine connaissent un engouement sans précédent ces dernières années. S’ils séduisent de plus en plus de propriétaires et de cavaliers, ils suscitent également de grands débats au sein de la communeauté scientifique et des vétérinaires : s’agit-il d’une réelle avancée pour la santé du cheval ou d’une tendance surévaluée ?

Pour répondre à cette question, il convient de dépasser les idées reçues. S’ils offrent de formidables opportunités en rééducation comme en préparation physique, ces équipements à haute technicité nécessitent une parfaite compréhension de leurs effets physiologiques, de leurs bénéfices réels, mais aussi de leurs contre-indications.

Alors, mode ou véritable atout thérapeutique ? Faisons le point sur ce que révèlent les dernières études scientifiques !

Les avantages des tapis roulants aquatiques :

  1. Rééducation et récupération :
    L’un des principaux avantages des tapis roulants aquatiques est leur utilisation dans la rééducation des chevaux, notamment après une blessure. L’eau permet de réduire l’impact sur les articulations tout en offrant une résistance naturelle. Cela aide à renforcer les muscles sans trop solliciter les articulations. Cela est particulièrement utile pour des chevaux en convalescence ou ceux souffrant de blessures musculo-squelettiques.
  2. Renforcement musculaire global :
    L’eau offre une résistance qui permet de travailler l’ensemble du corps du cheval. L’effort est plus intense qu’à sec, mais sans risquer de surcharger les articulations. C’est une méthode idéale pour renforcer un cheval. Toutefois, cela n’est pas sans risque de blessures, j’y reviens juste après.
  3. Amélioration de la condition physique générale :
    Pour un cheval en bonne santé, l’utilisation régulière du tapis roulant aquatique peut contribuer à améliorer son endurance, sa souplesse et sa condition physique globale. L’eau pourrait permettre de travailler le cheval dans un environnement plus doux tout en sollicitant son système cardio-respiratoire.

Les tapis roulants aquatiques ont-ils un réel effet pour l’entrainement ?

Entre impact sur la condition physique globale, renforcement de la masse musculaire et amélioration des performances sportives, découvrons ensemble les véritables effets de l’entraînement aquatique sur l’organisme du cheval.

Sur le système cardiovasculaire

Tout dépend de la hauteur de l’eau ! Si celle-ci atteint 50 % ou plus de la hauteur du garrot, le rythme cardiaque du cheval diminue, ce qui n’aura donc pas d’effet positif sur le système cardiovasculaire. En revanche, un cheval avance deux fois moins vite dans l’eau que sur la terre, mais il dépense la même énergie. Donc, même si le rythme cardiaque ne s’élève pas, les muscles travaillent fortement. Il est donc important de ne pas faire de longues séances.

Vous avez bien lu, les tapis roulants aquatiques offrent de nombreux bénéfices, mais il y a aussi de nombreux facteurs à prendre en compte lors de leur utilisation.

Le marcheur aquatique booste la masse musculaire et la puissance de saut

Bien que le marcheur aquatique soit largement plébiscité pour la rééducation des chevaux, son impact réel sur la préparation physique et la biomécanique du saut chez le cheval de sport restait à étayer scientifiquement. Une étude récente menée à l’Université Lusófona (Portugal) sur des chevaux de saut d’obstacle en pleine saison montre des bénéfices particulièrement marqués.

Protocole de l’étude : 10 semaines d’aquatrainer

Six chevaux de CSO expérimentés ont conservé leur entraînement habituel (6 jours par semaine), auquel ont été ajoutées 2 séances d’aquatrainer de 25 minutes par semaine, avec de l’eau à hauteur des carpes :

  • Semaines 1 à 5 : Travail au pas dans l’eau à environ 60 % de la fréquence cardiaque maximale.
  • Semaines 6 à 10 : Augmentation de l’intensité à 80 % de la fréquence cardiaque maximale, poussant les chevaux à trotter dans l’eau.

Des gains spectaculaires sur la masse musculaire

L’analyse par échographie et thermographie a révélé une transformation physique nette :

  1. Gain de muscle sans prise de gras : Les chevaux ont gagné en moyenne 37 kg. Les mesures ont confirmé que la masse grasse est restée inchangée : ce gain de poids correspond exclusivement à une augmentation de la masse musculaire (la masse maigre passant de 485 kg à 520 kg).
  2. Zones musculaires ciblées : Une augmentation de la vascularisation et de l’activité métabolique a été observée sur le muscle brachio-céphalique ainsi que sur les muscles semi-tendineux et semi-membraneux (responsables de la propulsion des postérieurs).

Une amélioration mesurable des capacités à l’obstacle

Évalués sur des parcours de saut standardisés (obstacles de 1 mètre) équipés de capteurs de mouvement, les chevaux ont montré une nette amélioration de leur technique :

  • Plus de puissance à l’appel : La force générée par les postérieurs lors de la frappe sur les verticalis est passée de 2,5 G à 3,2 G.
  • Meilleure élévation de l’avant-main : Un angle du tronc plus redressé à l’appel sur les verticalis et les oxers.
  • Trajectoire plus longue et mieux arquée : Une phase de saut dans les airs allongée au-dessus des obstacles.

Ce qu’il faut en retenir pour l’entraînement de votre cheval

  • Pas besoin de surcharger : Seules 2 séances de 25 minutes par semaine suffisent pour obtenir des résultats significatifs en 10 semaines. Une utilisation quotidienne n’est donc pas nécessaire.
  • Surcharge progressive : Passer du pas au trot au milieu du programme permet d’entretenir le stimulus d’hypertrophie musculaire.
  • Hauteur d’eau stratégique : L’eau à hauteur des carpes sollicite fortement la propulsion des postérieurs et le lever de l’avant-main, mais peu les muscles de la ligne du dessus. Pour cibler spécifiquement le dos et les abdos, la hauteur d’eau ou la pente du tapis devront être ajustées.

Les paramètres à prendre en compte

Selon la pathologie de votre cheval, il est très important de connaître les contre-indications liées à la profondeur de l’eau. En effet, travailler dans l’eau permet d’absorber les chocs subis par les membres. Toutefois, cela peut aussi avoir un effet négatif si les tapis ne sont pas utilisés avec précaution.

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