
Les cavaliers souffrent souvent de douleurs chroniques, particulièrement localisées dans le bas du dos. Mais saviez-vous que d’après les études, les cavaliers de dressage sont ceux qui souffrent le plus de douleurs dorsales lombaires ?
En effet, 76 % des cavaliers de dressage souffrent de lombalgie, contre 72 % pour les cavaliers de loisir. Bon okay, pas de grosses différences, je vous l’accorde, mais quand même ! Les cavaliers de complet sembleraient être les plus sains avec 52 % d’entre eux qui auraient mal.
Il est aussi prouvé que les cavaliers de plus de 35 ans sont ceux qui se plaignent le plus de ces douleurs chroniques au quotidien. Alors, comment expliquer ces chiffres et surtout, comment s’en sortir ? Dans cet article nous allons voir toutes les thématiques suivantes:
- Cavalier : votre corps impacte la santé de votre cheval
- Sortir du cycle des anti-inflammatoires : les solutions durables
- L’adaptation de l’équipement
- La routine de mobilité
- Renforcement postural
Cavalier : votre corps impacte la santé de votre cheval
On fait souvent passer le bien-être de notre monture avant le nôtre, oubliant que la dissymétrie et les douleurs du cavalier nuisent directement à la locomotion du cheval. Une raideur peut bloquer une incurvation ou détériorer la qualité d’une épaule en dedans (et vous direz peut être que c’est le cheval qui est raide).
Prenez deux minutes pour scanner votre corps :
- Avez-vous mal quelque part ?
- Où se situe votre douleur sur une échelle de 1 à 10 ?
Au-delà de la gêne physique, la douleur altère votre patience et vos émotions, et ça votre cheval le ressent immédiatement. Pour atteindre votre potentiel maximal et préserver votre cheval, il est temps de prendre soin de vous.
Sortir du cycle des anti-inflammatoires : les solutions durables
Si le premier réflexe de beaucoup de cavaliers est de se tourner vers les anti-inflammatoires pour calmer une crise de mal de dos, cette solution n’est qu’un pansement temporaire. La bonne nouvelle ? La science équestre et la kinésithérapie du sport ont identifié des leviers simples et concrets pour soulager la douleur durablement, voire l’éliminer totalement de votre quotidien aux écuries.
Ce que la science nous apprend sur le dos du cavalier
Pour ne plus subir vos séances, il est temps de faire le point sur les découvertes récentes. Contrairement aux idées reçues, le repos total est rarement la solution. L’étude de la biomécanique du cavalier montre que des ajustements spécifiques permettent de protéger vos vertèbres lombaires :
- Le renforcement postural : Pourquoi certains muscles profonds sont vos meilleurs alliés contre la lombalgie.
- L’adaptation de l’équipement : L’impact sous-estimé de la selle sur votre propre alignement.
- La routine de mobilité : Des gestes simples à mettre en place avant de vous mettre en selle pour « déverrouiller » votre bassin.
Découvrons ensemble comment transformer votre pratique pour que l’équitation redevienne un plaisir sans douleur.
L’adaptation de l’équipement
Adapter sa selle, c’est limiter les risques de blessures pour le couple. Une selle mal ajustée ne cause pas seulement des douleurs dorsales chez le cheval (tensions, compressions du garrot, perte de masse musculaire) ; elle est aussi une cause majeure de mal de dos chez le cavalier.
Les points clés à retenir :
- Le matériel doit évoluer : Le dos d’un cheval peut changer de 19 cm en un an ! Un check-up annuel par un professionnel est indispensable pour éviter que la selle ne « glisse » ou ne forme pas un « pont ».
- L’impact du cavalier : La selle doit être adaptée à votre morphologie. Si elle est trop petite ou inadaptée à votre bassin (différence homme/femme), elle modifie votre alignement talon-bassin et crée des points de pression anormaux à l’arrière du dos du cheval. Cela augmente également le risque de douleur chez vous cavalier.
Le saviez-vous ? Une étude montre que si le cavalier est trop lourd pour sa selle (même si celle-ci va au cheval), des signes de boiterie ou d’inconfort apparaissent en moins de 20 minutes chez le cheval.
Pour aller plus loin sur l’impact de votre selle sur vous cavalier, retrouvez l’article complet ici ainsi que le replay du webinaire sur l‘adaptation de la selle.
Étriers : optimiser votre réglage pour protéger vos lombaires
La science s’est également penchée sur l’impact de vos étriers sur vos douleurs dorsales. Contrairement aux idées reçues, la longueur et l’utilisation des étriers ne sont pas qu’une question d’esthétique, mais un véritable outil d’amortissement :
- Réduire les chocs : Des étriers légèrement plus courts permettent de mieux répartir votre poids dans vos jambes. Cela aide à atténuer les impacts au niveau des lombaires et réduit ainsi le risque de blessure.
- Le travail sans étriers : Bien qu’excellent pour la fixité, le trot assis sans étriers augmente significativement la pression verticale sur le dos du cheval et les forces de réaction dans votre propre colonne. À utiliser avec modération si vous souffrez déjà du dos.
- L’usure du matériel : Un facteur souvent oublié ! Le cuir de vos étrivières s’étire de manière asymétrique (notamment à cause du montoir à gauche). Cette dissymétrie du matériel finit par aggraver vos propres déséquilibres posturaux.
- L’importance du gainage : Pour que cet amorti soit efficace, le cavalier doit engager activement son gainage et la force du bas de son corps.
Le tips Rehactiv : Pensez à vérifier régulièrement l’égalité de vos étrivières et n’hésitez pas à les inverser pour compenser l’étirement du cuir.
La routine de mobilité
L’articulation de la hanche est étroitement liée avec le bas du dos, de nombreux muscles font le lien entre les deux. A cheval, l’articulation de la hanche est extrêmement sollicitée. D’abord, c’est elle qui nous permet d’écarter les jambes pour nous asseoir sur le cheval. C’est aussi elle qui nous permet de bouger nos jambes afin d’utiliser nos aides.
Plusieurs études mettent en lien une réduction de mouvements de la hanche avec le bas du dos et les douleurs qui vont avec. Maintenant qui est l’œuf ou la poule, ça c’est une autre histoire. Il a été trouvé que les personnes ayant des lombalgies ont souvent moins de rotations au niveau de la hanche et plus d’asymétrie dans les mouvements de hanche. La hanche étant une articulation distale du dos (en dessous), un mouvement asymétrique pourra se répercuter facilement dans le bas du dos, engendrant des tensions musculaires et ce qui va avec.
Comment cela impacte-il votre équitation et que pouvez-vous faire pour l’améliorer?
Les hanches sont donc très importantes, si vous avez mal au dos, occupez-vous en ! D’autant plus que d’après une étude que je vous partage ICI, une hanche souple chez le cavalier est ce qui fait la différence entre une épaule en dedans moyenne et une épaule en dedans excellente. Et non, ce n’est pas toujours la faute du cheval.
Alors hop hop, on prend le temps de s’étirer un peu les hanches. Pensez surtout à notre ami le psoas qui est fortement sollicité à cheval et qui peut vraiment engendrer des douleurs dorsales et digestives ! Je vous mets ci-dessous des étirements que vous pouvez mettre en place facilement, mais le replay du webinaire sur le yoga et la posture du cavalier sera votre meilleur allié. Oubliez les préjugés du yoga c’est « gnangnan » et retrouvez votre mobilité !







