Le syndrome de Wobbler, également appelé myélopathie sténotique cervicale (MSC), est une affection neurologique sérieuse du cheval. Elle se manifeste par une compression de la moelle épinière au niveau de l’encolure, provoquant une ataxie, c’est-à-dire un trouble de la coordination motrice. Les chevaux atteints semblent « tituber », ont du mal à coordonner leurs membres et peuvent même tomber. D’ailleurs, c’est de là que vient son appellation « wobbler ». En effet, le mot « Wobbler » vient de l’anglais to wobble, qui signifie « vaciller » ou « tituber ».
Le terme « wobbler » a été utilisé pour la première fois en 1938 pour décrire un syndrome neurologique chez le cheval, où l’animal a du mal à marcher droit et à coordonner ses mouvements. Le nom reflète exactement le principal symptôme : une démarche qui semble instable à cause d’une perte de proprioception (un perte de repères sur la position de ses membres dans ce cas). Même si le terme n’existait pas, des signes similaires ont été décrits dès le milieu du XIXe siècle. Les chevaux montraient une démarche maladroite sans cause claire. Toutefois, il a fallu du temps pour comprendre que le problème venait du système nerveux et non des muscles ou des articulations. De nos jours, nous en savons un peu plus sur lui, alors découvrons tout cela ensemble.
- Comprendre le syndrome
- Qui est à risque ?
- Les causes
- Principaux symptômes observés
- Comment diagnostiquer le syndrome de wobbler ?
- Différencier le syndrome de Wobbler des autres ataxies
- Les traitements
- Quelles perspectives pour le cheval sportif ?
Comprendre le syndrome de wobbler

Pour comprendre l’origine du syndrome de Wobbler, il faut d’abord se pencher un peu sur l’anatomie. La moelle épinière, véritable “câble central” du corps, transporte les messages nerveux entre le cerveau et le reste de l’organisme. Elle est protégée à l’intérieur du canal rachidien, un tunnel formé par l’alignement des vertèbres. Autour de la moelle circule le liquide céphalo-rachidien (LCR), un fluide clair qui joue le rôle de coussin amortisseur, nourrit les cellules nerveuses et aide à éliminer les déchets. Lorsque quelque chose vient comprimer la moelle dans ce canal ou perturber la circulation du LCR, cela peut altérer la transmission des signaux nerveux et provoquer les troubles de coordination caractéristiques du syndrome de Wobbler.
Le syndrome de Wobbler est causé par un rétrécissement du canal céphalo-rachidien au niveau des cervicales. Ce rétrécissement est aussi appelé sténose. Cela peut entraîner une compression de la moelle épinière. Il existe deux formes principales :
- La sténose dynamique, qui survient lorsque le cheval fléchit ou bouge l’encolure. Ce qui entraîne une compression de la moelle lors du mouvement.
- La sténose statique, où la compression est permanente, même lorsque le cheval est au repos.
Qui est à risque ?
Le syndrome concerne surtout les grands chevaux ou ceux ayants une croissance rapide, comme les Pur-sang, les trotteurs ou les Warmbloods. Il apparaît souvent chez les jeunes chevaux à croissance rapide, soit en raison d’un facteur génétique, soit à cause d’une ration trop riche en protéines. En effet, un apport excessif en protéines chez les jeunes chevaux peut entraîner une croissance déséquilibrée, trop rapide pour que les os, les tendons et les ligaments se développent harmonieusement, augmentant ainsi le risque de troubles de développement orthopédique. Le canal ou passe la moelle épinière dans les cervicales n’est alors plus assez large et comprime celle-ci. La bonne nouvelle, c’est que si une adaptation alimentaire est réalisée à temps, alors le syndrome de wobbler peut être amélioré, on en reparle juste après.
Les causes
Traumatismes et malformations
Certaines malformations ou anomalies des vertèbres cervicales, congénitales ou liées à une croissance rapide, peuvent comprimer la moelle. Des excroissances osseuses (ostéophytes) rendent la moelle vulnérable aux compressions. Un traumatisme peut également être la cause du développement d’un syndrome de wobbler comme par exemple un cheval qui se :
- cabre et se renverse
- retrouve bloqué sous la barre avant d’un van
- trébuche et tombe en avant avec l’encolure qui se retrouve en forte flexion, latérale ou non.
Causes liées aux infections ou inflammations
Des virus peuvent franchir les protections de la moelle et provoquer un gonflement et des lésions neuronales. Des pathogènes, comme ceux responsables de la maladie de Lyme ou encore du West Nile Fever, peuvent attaquer le système nerveux et pourrait provoquer ces symptômes. Certains protozoaires peuvent également causer une myélo-encéphalite, détruisant les cellules nerveuses et donnant des symptômes similaires au syndrome de wobbler.
3. Facteurs de croissance et nutritionnels
Des études sur des poulains pur-sang et Warmblood montrent qu’un excès de protéines et de calories peut favoriser le syndrome de Wobbler. Une croissance trop rapide peut provoquer des anomalies des vertèbres cervicales et des problèmes de développement.
Dans une étude, des poulains présentant des signes précoces de Wobbler ont reçu une diète plus modérée, avec moins de protéines et de calories, mais équilibrée en vitamines et minéraux. Cette approche a réduit la compression de la moelle épinière et a limité l’apparition de symptômes neurologiques graves.
Les troubles du développement osseux sont aussi plus fréquents lorsque l’alimentation est déséquilibrée ou carencée en nutriments essentiels, comme le calcium, le phosphore, le zinc ou le cuivre. La proportion de ces minéraux est importante : le rapport zinc/cuivre doit être compris entre 3:1 et 4:1, et le rapport calcium/phosphore autour de 2:1.
Facteurs génétiques
Des recherches montrent que certains chevaux pourraient avoir une prédisposition génétique au syndrome de Wobbler. Les mâles sont particulièrement touchés, développant les symptômes environ six fois plus souvent que les femelles. Cela pourrait s’expliquer par une croissance plus rapide et des niveaux d’œstrogènes plus faibles, qui influenceraient la formation des vertèbres cervicales.
Le syndrome n’est pas limité à une race précise, mais il est plus fréquent chez les chevaux Warmblood et Pur-sang anglais, probablement à cause de leur rythme de croissance rapide. À l’inverse, les chevaux miniatures, qui grandissent plus lentement, semblent épargnés par cette maladie.
Les anomalies vertébrales peuvent également être héréditaires et peuvent entraîner une compression de la moelle épinière. La moelle passe à travers de petites ouvertures dans les vertèbres, et toute déformation ou excroissance dans ces espaces peut gêner le passage des signaux nerveux, provoquant des problèmes de coordination.
Le facteur génétique ne repose probablement pas sur un seul gène, mais sur plusieurs combinés, ce qu’on appelle une hérédité polygénique.
Enfin, les poulains issus de parents ayant été diagnostiqués avec le syndrome de Wobbler ne développent pas forcément ce syndrome. Cependant, ces jeunes chevaux peuvent présenter d’autres troubles liés au développement osseux et musculaire, comme l’ostéochondrose, des malformations des épiphyses ou des tendons contractés.
III . Symptômes
Les symptômes du syndrome de Wobbler sont de nature neurologique, car ils apparaissent lorsque la communication entre le cerveau, la moelle épinière et le reste du corps est perturbée.
Les premiers signes touchent le plus souvent les membres postérieurs : le cheval manque de coordination, trébuche facilement et n’arrive pas toujours à bien situer ses pieds, malgré une tentative de compensation visuelle.
Principaux symptômes observés
Atteinte des postérieurs (souvent en premier)
Les premiers signes apparaissent presque toujours à l’arrière. Le cheval marche de façon maladroite, trébuche souvent et place mal ses pieds. Quand on le fait tourner en cercle court, ses postérieurs partent fréquemment vers l’extérieur, voire, ne croiseront pas par devant (sous la masse) mais en arrière du membre déjà au sol, signe d’un manque de contrôle.
Proprioception altérée (perception de la position des membres)
Normalement, un cheval sait instinctivement où se trouvent ses membres, même sans les regarder. Chez un cheval atteint, cette perception est perturbée. Il réagit avec retard, hésite à poser ses pieds et semble maladroit dans ses mouvements. Dans certains cas, il peut même paraître « bête », comme s’il ne comprenait pas ce qu’on lui demande, alors qu’il manque simplement de conscience corporelle. Cela traduit une mauvaise circulation de l’information entre le cerveau et les nerfs.
Difficultés dans certaines manœuvres
Les exercices un peu plus précis deviennent compliqués : le cheval a du mal à reculer droit, effectue parfois de petits sauts désordonnés et perd l’équilibre dans les virages serrés. Dans certains cas, il peut même tomber s’il est trop sollicité. Lors d’un syndrome de Wobbler progressif, on pourrait à nouveau penser que le cheval ne fait pas attention ou qu’il trébuche par inattention, mais vous le savez, les chevaux ne le font pas exprès. Ne lui en voulez donc pas et essayez plutôt de comprendre la cause.
Aggravation progressive
Avec le temps, les antérieurs finissent eux aussi par être touchés. La démarche devient alors globalement vacillante, comme si le cheval “titubait”. Aux stades plus avancés, il existe même un risque de chute sans aucune provocation. Lors de cette dernière phase, il est malheureusement conseillé d’euthanasier le cheval qui devient dangereux pour lui-même ainsi que pour les autres.
ATTENTION
Un cheval mal coordonné peut être imprévisible. Sans le vouloir, il peut se montrer dangereux pour la personne qui le monte ou le manipule au sol, simplement parce qu’il perd l’équilibre ou réagit de manière désordonnée.
Comment diagnostiquer le syndrome de wobbler ?
Le diagnostic du syndrome de Wobbler repose sur une combinaison d’observations cliniques et d’imagerie médicale.
Le syndrome est classé du grade 1 au grade 5, selon la sévérité des déficits neurologiques :







