L’entrainement du jeune cheval : impact sur son mental

Si vous avez lu cet article, vous savez désormais que l’entraînement du jeune cheval peut être très positif sur sa santé physique. Mais qu’en est-il de son mental ?

entraînement du jeune cheval

Garder un cheval en forme physique devient de plus en plus facile avec les connaissances que nous avons, mais aussi grâce aux soins vétérinaires qui ne cessent d’évoluer. En revanche, garder un cheval motivé au travail et surtout dans le calme, ce n’est pas toujours facile. Saviez-vous que jusqu’en décembre 2024, il n’y avait AUCUNE étude sur l’effet du travail précoce sur le mental du cheval ?

Bon, pas très étonnant vous allez me dire, car nous commençons tout juste à nous en soucier. Mais voilà, avec le bien-être équin qui fait grandement parler de lui, les concours de jeunes chevaux sont souvent questionnés.

Alors voici ce que je vous ai déniché sur le sujet. Dans cet article, nous allons parler de l’influence de l’âge sur la relation homme / cheval ainsi que son influence sur l’apprentissage du cheval. Ensuite, nous aborderons le côté travail. Est-ce-que travailler un cheval tôt dans sa vie lui engendre trop de stress ou est-ce mieux pour sa vie future ?

Le contact humain tôt dans la vie du cheval

Commençons par le commencement, quel est l’effet de l’homme sur le poulain ?

L’effet du contact humain sur l’apprentissage du cheval a été étudié dès les années 80. Et c’est par cette « vieille » étude que nous allons commencer.

Première étude

Heird et ses collègues ont utilisé 24 yearlings (entre 1 et 2 ans) qu’ils ont divisés en trois groupes.

  • Premier groupe « non manipulé » : manipulé à la naissance, licollé 3 jours puis remis au pré sans contact. Manipulé de nouveau au sevrage à 8 mois puis remis au pré sans contact
  • Deuxième groupe « manipulé partiellement » : manipulé lorsqu’ils en avaient besoin jusqu’au sevrage, puis manipulé au sevrage et mis en box pendant une semaine. Ensuite, ils étaient remis au pré et panser une fois par semaine.
  • Troisième groupe « manipulé » :  sevré et licollé à 3 mois puis manipulé 4 fois par semaine.

Les chercheurs ont ensuite fait subir des tests d’apprentissage aux chevaux. Ils ont répertorié leurs réponses à ces tests.

Voici ce qu’ils ont trouvé

Les chevaux du groupe 2 ont eu les meilleures notes au niveau de l’apprentissage. Les chevaux du premier groupe ont eu les moins bonnes notes.

Je trouve cette étude un peu biaisée, car nous n’avons pas réellement d’information sur le sevrage. Il semblerait que celui-ci variait en fonction des groupes. Or, on sait que l’âge du sevrage impacte le comportement et les fonctions cognitives du cheval.

Donc, passons à cette seconde étude ou l’âge des chevaux était le même.

Deuxième étude

Une étude de 2017 a cherché à comprendre comment la manipulation de poulain affectait leur réaction envers l’humain ainsi que leur apprentissage.

Pour cela, les chercheurs ont pris 50 poulains lusitaniens, divisés en 5 groupes :

  • Groupe 1 : technique de L’« IMPRINT » : le poulain est manipulé dans les 3h de sa naissance (3 sessions sur 3 jours de 40, 20 et 20 mins respectivement)
  • Groupe 2 : manipulation au sevrage (3 sessions sur 3 jours de 40, 20 et 20 mins respectivement)
  • Groupe 3 : manipulation à 50 jours naissance (3 sessions sur 3 jours de 40, 20 et 20 mins respectivement)
  • Groupe 4 : pas de manipulation mais qui a subi les tests
  • Groupe 5 : pas de manipulation du tout

Excepté pour le groupe 5, tous les groupes ont subi un test 2 mois après le sevrage (à environ 9 mois). Ils étaient emmenés dans un rond de longe et les chercheurs observaient le comportement des poulains dans ces conditions :

  • Avec un humain immobile
  • Avec un humain en mouvement
  • L’humain qui présente le licol
  • L’humain qui essaye de mettre le licol

Puis 7 jours après ce premier test, les chercheurs ont réalisé 4 séances de tests sur 4 jours ou les chevaux apprenaient à marcher en main en licol. La séance se terminait par un peu de trot. Enfin, un mois après la deuxième phase de test, le test final a eu lieu. Les poulains devaient marcher en main dans l’élevage puis devaient réaliser un test d’apprentissage. Le groupe 5 était inclus dans ce test final.

Ce qu’ils ont trouvé

  • Manipuler un poulain à la naissance permet de réduire les réactions de peur envers l’humain
  • Manipuler un poulain avant ses 9 mois permet d’améliorer sa relation avec l’homme
  • Manipuler un cheval au sevrage (sans manipulation à la naissance) permet d’améliorer l’apprentissage du poulain
  • D’après cette étude, le jour après le sevrage serait le meilleur pour manipuler un poulain.

Conclusion de ces deux études

Manipuler un poulain à la naissance permet de réduire la peur envers l’humain, mais impact négativement l’apprentissage. Il serait donc peut être bénéfique d’attendre un peu avant de le manipuler. Le contact du poulain avec l’humain est bénéfique, mais il ne doit pas être dans l’abus !

Maintenant que nous avons parlé du début de vie du poulain, venons-en travail précoce dans sa carrière.

L’entraînement du jeune cheval

Si vous avez lu l’article sur l’impact du travail sur le jeune cheval, vous savez que dès lors qu’on demande au cheval de travailler, nous engendrons une réponse de stress. Ce stress se traduit entre autres par une augmentation du rythme cardiaque, mais aussi une augmentation du cortisol, qu’on surnomme hormone de stress. En revanche, bien que le mot stress soit diabolisé, nous avons besoin du stress pour nous adapter à notre environnement. Cela est valable aussi bien physiquement que mentalement.

Pour une bonne adaptation, le mieux est d’avoir un stress progressif. C’est pour cela qu’il est important de ne pas griller les étapes dans l’entraînement de votre cheval. Un stress progressif physique permet aux structures musculosquelettiques de s’adapter aux nouvelles contraintes. Un stress progressif mental permet au corps de s’adapter, de s’habituer et d’apprendre à mieux gérer les situations.

L’impact du contact social sur l’entrainement du jeune cheval

La vie au box est de plus en plus critiquée ; mais à ce jour, difficile de changer toutes les structures équestres du jour au lendemain. Enfin, « du jour au lendemain »… Ce sont de beaux mots ! En effet, des études datant d’il y a plus de 20 ans avaient déjà mis en avant le fait que des chevaux en groupe étaient plus faciles à manipuler que des chevaux mis seuls au box. (Christensen et al., 2002, Søndergaard and Ladewig, 2004). Mais… Parce qu’il y a toujours un « mais », vous savez aussi désormais que l’âge du cheval impacte sa relation avec l’humain. Du coup, ces études de plus de 20 ans sont peut-être biaisées de ce point de vue.

Ne nous éparpillons pas, revenons-en au box. Nous le pointons souvent du doigt alors que ce n’est pas tant lui le fautif. En effet, un cheval peut vivre tout à fait correctement au box TANT qu’on permet au cheval un contact social, un minimum de mouvement et une alimentation adaptée. C’est ce qu’ont trouvé Flammand et ses collègues (2024) lorsqu’ils ont étudié le comportement des chevaux lors du débourrage.

Comment s’est déroulée leur étude ?

Ils ont pris 12 chevaux âgés de 24-36 mois, vivant au box. 6 d’entre eux étaient lâchés avec un copain pendant 2 heures tous les jours. Les 12 chevaux ont subi la même routine de débourrage.

Les chercheurs ont étudié les paramètres suivants :

  • Tensions générales
  • Comportements conflictuels
  • Coopération avec l’humain
  • Position des oreilles
  • Activité au box

Voici ce qu’ils ont trouvé

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