
Les compléments alimentaires à base d’ail pour chevaux ne cessent de fleurir sur le marché équin. Pourtant, cette popularité grandissante masque de véritables questions sur son utilité et sa sécurité.
D’après une étude menée par Dirks et Brown en 2018, 39 % des propriétaires de chevaux en Angleterre administrent de l’ail à leur cheval. Plus frappant encore, 53 % d’entre eux en distribuent quotidiennement tout au long de l’année.
Pourquoi les propriétaires donnent-ils de l’ail à leur cheval ?
Selon ce même sondage, les cavaliers justifient l’utilisation de l’ail pour trois raisons principales :
- Repousser les insectes : 44 % des propriétaires l’utilisent comme répulsif naturel.
- Renforcer l’immunité : 15 % recherchent un effet stimulant sur les défenses naturelles.
- Soutenir le système respiratoire : 12 % l’emploient pour soulager les voies respiratoires.
Que nous disent les vendeurs de compléments à base d’ail ?
En observant les recommandations des marques, la plupart préconisent des doses d’environ 20 g par jour pendant un mois, ou en cures de 10 jours tous les mois. L’ail y est vanté pour améliorer la respiration, la circulation, la qualité du poil ou encore éloigner les insectes.
Mais que dit réellement la recherche scientifique face à cet engouement généralisé ? L’ail offre-t-il de vrais bienfaits ou présente-t-il des dangers méconnus pour la santé équine ? C’est ce que nous allons analyser en détail dans cet article.
- L’ail et les vers intestinaux
- L’ail pour éloigner les insectes
- Renforcer l’immunité grâce à l’ail
- Les vertus de l’ail pour les poumons et l’asthme équin
- Les dangers de l’ail pour le cheval
L’ail contre les vers intestinaux
Concernant l’action antiparasitaire, une étude a évalué l’impact de l’ail, sous ses formes fraîche et séchée, pour réduire la charge en strongles intestinaux chez le cheval. Les chercheurs ont administré une cure de 15 jours à raison de 40 g d’ail par jour. Au terme de ces deux semaines, les analyses n’ont révélé aucune diminution du nombre de parasites digestifs. De plus, les comptages sont restés identiques un mois après le début du traitement. Ainsi, l’ail ne constitue absolument pas une solution efficace pour lutter contre les vers chez l’équidé.
Une seconde étude menée en 2025 par Asem Ramadan Amar Mohamed et son équipe s’est penchée sur l’action vermifuge de l’ail chez le cheval. Les chercheurs ont testé l’efficacité de l’ail (Allium sativum) seul et en association avec d’autres plantes sur la réduction du nombre d’œufs de parasites (EPG).
Les résultats montrent clairement que l’ail utilisé seul est le traitement le moins efficace de l’expérience sur 21 jours.
En revanche, le mélange associant l’ail, la coriandre et l’armoise à parts égales a montré une baisse drastique des œufs de vers.
Par conséquent, l’ail ne constitue pas une solution vermifuge suffisante lorsqu’il est distribué de manière isolée. En effet, seule une synergie précise avec d’autres plantes médicinales permet d’obtenir un véritable effet antiparasitaire chez l’équidé.
L’ail pour éloigner les insectes
Bien qu’aucune étude n’ait encore testé cet effet chez le cheval, des chercheurs ont évalué cette hypothèse chez l’humain. Pour ce faire, ils ont réparti des volontaires en deux groupes : des consommateurs d’ail et un groupe témoin sans ail. Avant de débuter le régime, les participants ont placé leurs bras nus dans un récipient rempli de moustiques, permettant aux scientifiques de compter le nombre exact de piqûres. Ils ont ensuite répété cette même expérience éprouvante après la période de complémentation. Finalement, les résultats n’ont montré aucune différence entre les deux groupes. Par conséquent, consommer de l’ail ne repousse pas les moustiques et n’empêche absolument pas les piqûres.
PS: oui, j’espère que les participants étaient bien payés !
Renforcer l’immunité grâce à l’ail
Toujours pas d’étude sur le sujet à ma connaissance, mais l’ail diminuant le nombre de globules rouges, il semblerait avoir l’effet inverse chez le cheval. Une des pensées derrière cette vertu est que l’ail est riche en fer. Comme les humains manquent souvent de fer, on se dit que les chevaux sont pareils. Or, on sait que cela n’est pas vrai et je vous en parle juste ici.
Effet sur les globules rouges et les plaquettes
En 2020, une étude menée par Willis a évalué l’impact de l’ail distribué à différentes doses (de 30 g à 90 g par jour) pendant 74 jours chez le cheval. Au terme de cette période, les chercheurs ont constaté une baisse significative du nombre de globules rouges et de plaquettes.
Pour bien comprendre les risques, rappelons le rôle essentiel de ces éléments :
- Les globules rouges (hématies) : Ils transportent l’oxygène vers tous les tissus de l’organisme. Leur destruction prématurée entraîne une baisse de leur nombre, impactant le corps négativement.
- Les plaquettes : Elles sont indispensables à la coagulation sanguine et jouent un rôle clé dans l’inflammation et l’immunité en alertant le système défensif du cheval. Une chute de leur nombre fragilise donc l’ensemble de l’organisme.







