Vitamine D chez le cheval : une molécule encore pleine de mystères

Chez l’humain, la vitamine D fait figure de vedette : elle soutient la santé osseuse, module le système immunitaire et son déficit touche jusqu’à la moitié de la population mondiale. Chez le cheval, en revanche, le scénario est beaucoup moins clair. Les connaissances disponibles restent limitées, et surtout, il est impossible d’extrapoler directement ce que l’on sait des autres espèces à la biologie équine. Alors regardons ensemble ce que les chercheurs ont pu déterminer jusqu’à présent.

Une biologie bien différente de celle de l’humain

Chez les humains, une carence sévère en vitamine D peut conduire à l’ostéomalacie, un ramollissement des os, alors que des formes plus légères de carence passent souvent inaperçues. Chez le cheval, de telles carences n’ont pratiquement jamais été observées. Cela suggère que le métabolisme du cheval fonctionne très différemment de celui de l’humain, notamment dans la manière dont la vitamine D est synthétisée, utilisée et régulée.

Les deux formes de la vitamine D chez le cheval

La vitamine D existe sous deux formes principales dans l’organisme :

vitamine D chez le cheval
  • La vitamine D2, produite par les champignons qui poussent sur les plantes que le cheval consomme.
  • La vitamine D3, que l’on trouve surtout dans les compléments alimentaires.

Chez certaines espèces, comme l’humain, la vitamine D3 peut également être synthétisée par la peau après exposition aux rayons ultraviolets B du soleil. Chez le cheval, la question reste ouverte : les recherches actuelles ne permettent pas de confirmer si cette synthèse cutanée existe réellement ou si elle est négligeable.

Des études éclairantes sur les chevaux sains

Une étude a comparé deux groupes de chevaux :

  1. Des chevaux vivant majoritairement au box, recevant chaque jour un supplément de vitamine D3.
  2. Des chevaux vivant au pré, sans complément.

Les taux sanguins de vitamine D2 et D3 ont été mesurés sur une période d’un an. Les résultats ont montré que les chevaux supplémentés présentaient des concentrations plus élevées de vitamine D3 que ceux du pré. Chez ces derniers, les niveaux de D3 restaient indétectables tout au long de l’année, même pendant les longues journées d’été.

En revanche, les chevaux au pré affichaient des taux de vitamine D2 significativement plus élevés que ceux vivant en box, et ces niveaux augmentaient en été et diminuaient en hiver. En moyenne, le taux total de vitamine D (D2 + D3) observé chez tous les chevaux était de 10,7 nmol/L, un chiffre bien inférieur au seuil de carence défini chez l’humain (25 nmol/L).

Pourtant, aucun signe clinique de déficit telle qu’une déminéralisation osseuse, du rachitisme ou de l’ostéoporose n’a été observé chez les chevaux. Ceux-ci semblaient en parfaite santé malgré ces valeurs très basses. Cela renforce l’idée que leurs besoins réels et leur métabolisme de la vitamine D diffèrent profondément de ceux des autres espèces.

Vitamine D, obésité et troubles endocriniens : des liens à part

Chez l’humain, les carences en vitamine D sont souvent associées à l’obésité, au diabète de type 2 et au syndrome métabolique. La complémentation en vitamine D est donc parfois utilisée pour améliorer la sensibilité à l’insuline.

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