Le foin reste, en complément ou en remplacement totale de l’herbe, l’un des aliments principaux de nos chevaux. On rêve tous de belles bottes vertes, odorantes et agréables au toucher. Malheureusement, le pays des bisounours n’existe pas non plus dans la production fourragère.

Chevaux asthmatiques, en surpoids, souffrant de maladies nécessitant une alimentation spécifique, … Dans tout ces cas, mettre le foin « au spa » en le trempant ou en le traitant à la vapeur avant distribution peut être une des vis de réglage pour améliorer la situation.
Mais que se passe-t-il réellement lors de ces processus ? Quels impacts ont-ils sur la qualité nutritionnelle et sanitaire du foin traité ? Qu’est-ce qu’ils impliquent pour la logistique quotidienne, le coût financier de la ration et même l’environnement ?
Bienvenue au « spa pour fourrages » !
Dans cet article nous allons aborder toutes les questions que vous pouvez vous poser et plus encore !
Par exemple, est-ce qu’un purificateur de foin fait maison, est utile, ou alors peut-il être dangereux pour votre cheval ? Combien de temps faut-il laisser tremper le foin, et surtout, faut-il le préparer à l’avance ? Le trempage est-il aussi efficace que l’étuvage (purification du foin) sur la poussière, les bactéries et champignons ? C’est parti, on vous dit tout !
- Traiter le foin, dans quel but ?
- Méthodes de traitement
- Effets des traitements
- Quelles autres alternatives ?
- Votre cheval trempe son foin tout seul ? Ce n’est pas un hasard !
- Conseils pratiques pour bien utiliser le traitement des fourrages
Traiter le foin, dans quel but ?
Avec le changement climatique, les récoltes deviennent de plus en plus aléatoires d’une année à l’autre. Les agriculteurs essayent de faire de leur mieux – personne ne veut produire du fourrage de moindre qualité -, mais la réalité est que certains lots sont loin d’être idéaux.
Dans tous ces cas, traiter le foin peut être au moins une piste d’amélioration à essayer :
- Foin poussiéreux (en raison des conditions de récolte ou de stockage)
- Foin trop riche en nutriments (et plus particulièrement en glucides rapidement digestibles) pour les animaux nourris avec
- Foin qui présente une charge microbienne trop élevée
En parallèle, le nombre de chevaux qui ont des problèmes de santé qui peuvent être influencés par les qualités du fourrage augmente, lui aussi :
- Chevaux ayant une maladie respiratoire (asthme équin) ; dans ce cas, l’objectif est de limiter les poussières respirables qui sont un facteur clé dans cette pathologie. Ces poussières contiennent des bactéries et spores de champignons qui peuvent déclencher des réactions allergiques et inflammatoires des voies respiratoires
- Chevaux en surpoids, en fourbure aigüe, en dérèglement métabolique, atteint de PSSM ; le traitement du foin réduit l‘apport calorique de la ration
- Chevaux en réalimentation après une opération ou une colique ; la réintroduction de l’alimentation se fait progressivement, d’abord avec un foin pauvre en nutriments pour ne pas surcharger l’appareil digestif. Un foin plus humide apporte aussi un peu plus d’eau à l’organisme après une colique d’obstruction
- Chevaux souffrant de MICI (maladie inflammatoire chronique des intestins) ; le traitement du foin pourrait réduire les allergènes potentiels, mais aussi les pathogènes, qui peuvent passer la barrière intestinale bien plus facilement chez les chevaux atteints de MICI, même si on ne sait pas encore très bien comment l’alimentation et la MICI interagissent chez le cheval.
Et les autres fourrages ? On peut tout aussi bien traiter les foins de légumineuses (luzerne, sainfoin) ou la paille si elle est destinée à un usage alimentaire.
Méthodes de traitement : des « soins à la carte »
Pour traiter le foin, il existe deux possibilités : le trempage et l’étuvage (connu aussi sous le nom de purification du foin). Les deux ont leurs avantages et inconvénients, à la fois au niveau nutritionnel, sanitaire, logistique que financier.
Le trempage du foin
Pour le trempage, le foin est placé dans une bassine ou un grand seau et immergé dans de l’eau pendant une certaine durée. L’idéal est de rincer le foin ensuite pour éliminer autant que possible les composantes « indésirables » qui ont été dissous dans l’eau de trempage.
Différentes études ont testé des durées de trempage et des températures d’eau variables.
Pour assurer une pénétration complète dans les brins, il faut ouvrir les balles de foin et les séparer en tranches avant de les mettre à tremper. Une fois gorgé d’eau, le foin devient très lourd. Vous pouvez le mettre dans des filets avant le trempage pour faciliter la manipulation ensuite.
L’étuvage (purification du foin)
L’étuvage (purification du foin) nécessite un contenant fermé et un système permettant de traiter le foin à la vapeur d’eau.
Plusieurs fabricants proposent aujourd’hui des modèles avec des caractéristiques techniques différentes. Dans tous les cas, l’investissement financier à l’achat reste important et leur utilisation nécessite un accès à l’électricité et hors de portée du gel.
Certains propriétaires fabriquent leur propres « étuveurs fait maison » avec des poubelles ou des bacs à récupération d’eau. Ils n’atteignent généralement pas une température de vapeur suffisante pour un traitement efficace du foin et n’ont pas la même étanchéité que les appareils du commerce pour éviter une nouvelle contamination parallèle. Bien que cela semble une solution de facilité à moindre coût, un purificateur fait maison peut coûter très cher à la santé de votre cheval.
Comme pour le trempage, il est important que le foin soit mis en tranches défaites dans le bac de l’étuveur. Il faut donc aussi découper les balles avant le traitement. L’utilisation de filets est également tout à fait possible.
Le simple arrosage/rinçage rapide à l’eau n’est pas assez efficace pour réduire les composantes dans le foin qu’on souhaite diminuer.
On trouve également des produits pour le traitement du foin à base d’huiles essentielles à cause de leur potentiel antimicrobien et fongicide. Sur le papier, l’idée est séduisante. Mais les huiles utilisées ont aussi un fort pouvoir irritant sur les muqueuses du système digestif du cheval. Pour l’instant, aucune étude n’a déterminé ni un dosage efficace pour le traitement, ni un dosage sûr pour éviter de provoquer des problèmes gastro-intestinaux. Par conséquent, à ce jour, ce genre de produit est déconseillé.
Effets des traitements
Le sujet des effets des traitements sur la qualité sanitaire et nutritive des fourrages n’est pas aussi moderne qu’on pourrait le penser. Les premières recherches ont été menées dès les années ’90 déjà, à la fois sur le trempage et l’étuvage.
Les résultats des études sont souvent assez similaires, mais montrent parfois aussi des différences notables. Cela vient en partie du fait que les protocoles (méthodes et durées) des tests et la composition végétale des fourrages utilisés sont différents.
Nous avons tout de même aujourd’hui une assez bonne idée des effets du trempage et de l’étuvage sur les paramètres nutritionnels, microbiens et de charge poussiéreuse du foin.







