TECAR Thérapie pour le cheval : Performance et Récupération

Dans le développement du cheval de sport, une bonne récupération est le secret de la performance. Aujourd’hui, une technologie se développe de plus en plus pour aider les chevaux à rester au sommet : la TECAR thérapie, ou transfert électrique capacitif et résistif (CRET).

TECAR thérapie : bienfaits pour le cheval

Concrètement, c’est quoi ? C’est une méthode non invasive qui utilise une fréquence précise de 448 kHz pour diffuser une chaleur profonde au cœur des tissus. Contrairement à une simple couverture chauffante, la TECAR agit en profondeur pour cibler les masses musculaires importantes, les tendons ou les articulations.

Mais que disent réellement les recherches sur le sujet ? Entre amélioration de la microcirculation, gain de flexibilité et optimisation de la foulée, nous allons décrypter comment la science valide aujourd’hui l’efficacité de cette révolution technologique dans la kinésithérapie équine et l’accompagnement de votre cheval.

  1. Qu’est-ce que la thérapie TECAR (ou CRET) ?
  2. Effet sur la locomotion au pas et au trot
  3. TECAR et dressage : amelioration des performances
  4. Augmentation de la vitesse
  5. l’impact immédiat de la thérapie TECAR sur le dos du cheval
  6. Gestion de la douleur dorsale chez le cheval
  7. Optimisation du protocole : Intensité et durée
  8. Les futurs horizons du soin équin
  9. Sécurité et Précautions : Quand faut-il éviter la TECAR ?

Qu’est-ce que la thérapie TECAR (ou CRET) ?

Le CRET est une forme de thermothérapie endogène non invasive. C’est à dire que contrairement aux méthodes de chauffage superficielles qui peinent à pénétrer les masses musculaires importantes du cheval, le système TECAR génère de la chaleur à l’intérieur même des tissus. Le courant de radiofréquence circule entre une électrode active et une plaque de retour (électrode passive).

Le système fonctionne selon deux modes complémentaires :

  1. Le mode capacitif (CAP) : L’électrode est recouverte d’un isolant qui agit comme un diélectrique. Ce mode cible principalement les tissus mous à forte teneur en eau et faible impédance, comme les muscles, le fascia et le système lymphatique.
  2. Le mode résistif (RES) : L’électrode n’est pas isolée, permettant au courant de traverser le corps plus profondément vers la plaque de retour. Ce mode cible les tissus plus denses, moins hydratés et à plus forte impédance, tels que les os, les tendons, les ligaments et les articulations.

Les effets physiologiques observés sont multiples : augmentation de la température profonde, amélioration de la microcirculation, meilleure oxygénation des tissus grâce à une dissociation plus rapide de l’hémoglobine, et stimulation du métabolisme cellulaire.

Est-ce que ça marche vraiment ?

À l’instar de nombreuses innovations technologiques, la TECAR thérapie fait l’objet de multiples promesses commerciales. Toutefois, au-delà des discours marketing, il est essentiel de s’appuyer sur la rigueur scientifique pour distinguer les vertus supposées des bénéfices réellement prouvés chez le cheval.

Effet sur la locomotion au pas et au trot

L’une des premières études a utilisé un tapis roulant pour évaluer l’impact de la TACR. Les chercheurs ont soumis neuf chevaux à deux séances de TECAR appliquées symétriquement sur l’encolure, l’épaule, le dos et la croupe. La séance totale a duré 50 mins:

  • Durée et intensité : Chaque zone a reçu 2 minutes de mode capacitif suivies de 4 minutes de mode résistif à une intensité de 40%.
  • Spécificité pour la croupe : Compte tenu de l’importante masse musculaire de cette zone, la durée du mode résistif a été portée à 5 minutes pour garantir une pénétration optimale du courant. Les chercheurs ont utilisé les deux réglages :résistif et capacitif.

L’équipe a fait travailler les chevaux sur un tapis roulant, au pas et au trot :

  • avant l’application de la TECAR
  • 2h après l’application de la TECAR
  • 6h après l’application de la TECAR
  • 12h après l’application de la TECAR.

Le lendemain, les chevaux ont reçu une seconde séance de TECAR, puis les chercheurs les ont réévalué aux mêmes intervalles (soit 26, 30 et 36 heures après la première séance). Entre 5 et 7 jours plus tard, les mêmes chevaux ont suivi une procédure « placebo » (sham) avec des évaluations identiques. Durant l’exercice, un accéléromètre fixé sur la région pectorale et le sacrum mesurait les paramètres locomoteurs.

Ce qu’ils ont trouvé

L’étude a révélé des données probantes sur l’efficacité du traitement :

  • La procédure placebo n’a modifié aucune des variables accélérométriques étudiées.
  • Le traitement a augmenté la régularité des foulées.
  • Les chevaux ont gagné en amplitude de foulée

Les séances de TECAR ont boosté la « puissance moteur » globale du cheval. Concrètement, les chercheurs ont mesuré une augmentation de la force dans toutes les directions : vers le haut (rebond), vers l’avant (propulsion) et sur les côtés (stabilité).

Toutefois, une nuance intéressante est apparue : si la force totale augmente, la part consacrée uniquement au rebond (le mouvement vertical) devient proportionnellement un peu moins importante par rapport à la poussée globale. C’est comme si le cheval utilisait ce surplus d’énergie pour gagner en efficacité et en longueur de mouvement plutôt que de simplement « sauter » plus haut sur place. Mais comme cette étude a été menée sur un tapis roulant, il se peut qu’en carrière avec un cavalier sur le dos, les résultats soient différents.

Les chercheurs ont aussi observé un effet cumulatif des séances uniquement sur la longueur des foulées. En simple, une séance suffit à faire gagner en rebond et en régularité de foulée, mais plusieurs séances permettent de gagner en amplitude globale de la foulée.

TECAR et dressage : amelioration des performances

Plus récemment Calle-Gonzalves et ses collègues (2006) ont mené une étude très similaire, mais cette fois en carrière, avec des chevaux de dressage et un cavalier sur le dos. Ils ont comparé deux situations pour chaque cheval :

  • La séance TECAR réelle : Application du protocole complet avec l’appareil actif.
  • La séance « Sham » (Placebo) : Le praticien suit exactement la même gestuelle, utilise le même matériel et le même gel, mais l’appareil est éteint (intensité à 0%).
  • Objectivité maximale : L’ordre des séances (réelle vs placebo) a été tiré au sort pour chaque cheval, et l’opérateur n’était pas informé du protocole utilisé afin de maintenir une totale neutralité.

Zones d’application et protocole

Les chercheurs ont évalué les chevaux lors d’une reprise de dressage 24 heures après chaque application, qu’elle soit réelle ou placebo. Afin d’éviter toute interaction entre les deux tests, l’équipe a respecté une période de repos de 15 à 20 jours entre chaque protocole, ce délai permettant aux paramètres physiologiques de revenir à leur état initial. Les chercheurs ont utilisé exactement le même protocole que l’étude que je vous ai présenté juste au-dessus. Toutefois, ils ont choisi de ne pas traiter les épaules. Seules les muscles de l’encolure, du dos et de la croupe, en suivant un mouvement cranio-caudal (en partant de l’avant vers l’arrière) ont été traité à la TECAR.

Ce qu’ils ont trouvé

Pour voir la suite et accéder
à l’intégralité des contenus :
Des centaines d’articles, vidéos, webinaires, podcasts…
Rejoignez la communauté Rehactiv’Equine
Vous êtes déjà abonné ?
Connectez-vous ici