Le froid arrive à grands pas, avec lui, les tontes et couvertures, mais ne couvrons-nous pas trop?

Dernière mise à jour : nov. 28


Pour nous permettre de continuer de travailler nos chevaux pendant cette période hivernale, nous les tondons puis leur mettons des couvertures. Mais il est très important de savoir choisir sa couverture aussi bien au niveau du poids, de la taille que de la forme. Très souvent les chevaux sont sur-couverts, j’espère que l’étude ci-dessous vont fera réfléchir au grammage que vous utiliserez.

Le but de l’étude est d’analyser la température des muscles dorsaux d’un cheval au paddock pendant une heure, sans couverture et avec une couverture de 200 et 400g. Le cheval était tondu, la température était de -12 (avec un vent à effet -32). Sans surprise, la température de ses muscles dorsaux a chuté, sans couverture. En revanche, là où c’est interessant, c’est qu’avec un grammage de 200 ou 400g il n’y a eu aucune différence sur la température des muscles dorsaux. Et soyons honnêtes, en France, nous avons rarement ce genre de températures, sauf en montagne, donc avons-nous vraiment besoin d’avoir une 400g dans notre stock?

“Okay mais quand je touche les oreilles de mon cheval, elles sont gelées, c’est donc qu’il a froid”!

Et bien non !!! La température des oreilles des chevaux SANS couverture, avec une couverture légère, à 200g ou 400g était EXACTEMENT LA MEME, donc toucher les oreilles de votre cheval est un très mauvais indicateur de chaleur corporelle globale, il en va de même lorsque vous touchez les membres de votre cheval. Une autre étude très intéressante, à chercher à savoir si nous couvrions trop nos chevaux. Pour cela, ils ont demandé aux propriétaires de choisir la couverture convenant à leurs chevaux, puis les chercheurs ont analysé la température de l’air entre la couverture et le cheval pendant la nuit ainsi que les mouvements du cheval. Les chevaux ont une zone thermale neutre, de 0 à 25°C, ce qui veut dire que seulement en dessous d’une température de 0, ils commencent à avoir froid, et seulement au-dessus de 25°C ils commencent à avoir chaud. Evidemment, cela varie légèrement d’un cheval à l’autre. Ce qui signifie que, si la température de l’air entre la couverture et le cheval est supérieur à 25°C, le cheval sera dans l’inconfort car il aura chaud. Les chercheurs ont trouvé une chose très intéressante : dès que la température de l’air sous la couverture s’approche des 25°, le cheval est dans l’inconfort et va bouger beaucoup plus qu’un cheval avec une température plus basse. Plus les chevaux avaient des couvertures lourdes et plus ils dépassaient leur zone de confort. Malheureusement, l’étude complète n’est pas encore publiée je n’ai donc pas tous les résultats mais je ne manquerai pas de vous les partager.

J’aimerais juste vous faire réfléchir à cela :


En voulant protéger nos chevaux du froid, nous leur créons un inconfort. S’ils bougent plus lorsqu’ils ont chaud, cela veut aussi dire qu’ils passent moins de temps au calme à manger ou à se reposer. Cela peut donc expliquer la mauvaise humeur de certains chevaux l’hiver.

Cela peut aussi expliquer pourquoi certains chevaux ne tolèrent pas leur couverture et ne sont vraiment pas contents lorsqu’on leur met.

Nous mettons également une couverture pour éviter que le poil repousse, ce qui nous évite de tondre 10 fois dans l’hiver, mais saviez-vous que cela peut avoir l’effet inverse ? En effet, le fait de mettre une couverture va aplatir les poils du cheval. Or, pour se protéger du froid, le cheval « dresse » ses poils, nous lui empêchons donc de se protéger et cela peut-expliquer pourquoi il produit plus de poils. Dans cette même étude, il a également été observé que les chevaux couverts avaient beaucoup plus de mal à perdre leurs poils au printemps et qu’ils mettaient plus longtemps que les autres. En couvrant les chevaux nous dérangeons tout leur système physiologique. Lorsque vous couvrez votre cheval, il faut aussi tenir compte de son stress, de sa ration etc. Par exemple une ration riche en glucides créera un surplus de chaleur lors de son assimilation. Un autre paramètre dont il faut tenir compte est la forme de la couverture qui a beaucoup d’impacts sur la santé du cheval. Pour cela je vous laisse lire l’étude ci-dessous.

Donc faut-il couvrir son cheval ? Avec le mode de vie et de travail qu’on lui propose, couvrir est parfois une nécessité, mais trop couvrir peut avoir de grave répercussion sur sa santé physique, morale et physiologique. La clé est donc de s’adapter à chaque cheval et à chaque situation.

Retrouvez plus d'information sur les couvertures dans le Podcast du Magic Talk Equestre:


https://www.rehactivequine.fr/podcast?wix-vod-video-id=BVSHK6xYcNI&wix-vod-comp-id=comp-kw2f3947

Etude :

O’brien 2020

Brown and Twig-Flesner,

2019 Morgan, 1998