Sport, amour, passion, faut-il infiltrer ou mettre en retraite ?

Dernière mise à jour : oct. 24



Avec les JO, voici des phrases qui sont très souvent revenues au cours des dernières semaines :

« Mais comment ils font les cavaliers de haut niveau pour garder leurs chevaux en forme sans pathologies » ?
« Les cavaliers de dressage mettent tout le temps des bandes, comment tu expliques que leurs chevaux n’aient pas de tendinite » ?

Alors voici mes réponses :

1. On ne sait pas tout ! Croyez-vous qu’un cavalier de haut niveau va se vanter d’avoir un cheval infiltré de partout ?

2. Êtes- vous dans l’écurie pour savoir ce qui s’y passe ?

J’ai eu la chance de travailler avec des chevaux de haut niveau, olympique y compris. Quand on les prend en charge pour des soins, nous avons bien sûr un entretien avec le vétérinaire afin de connaitre l’historique COMPLET du cheval.

C’est là qu’on tombe de haut. Qu’on apprend qu’un cheval de CCE ayant concouru les JO à en fait deux desmites, de l’emphysème, de l’arthrose et que c’est à nous de compléter les soins vétérinaires pour permettre au cheval de continuer la compétition à ce niveau.

C’est aussi là qu’on apprend qu’il ne faut pas le dire au groom, qu’on peut leur donner des exercices à faire, des soins journaliers mais sans vraiment expliquer pourquoi.

Alors bien sûr toutes les écuries ne sont pas les mêmes et heureusement, mais ne pensez pas une seule seconde que les chevaux de haut niveau sont en excellente santé. Même avec le plus d’attention possible est de soins, un accident est vite arrivé, de l’arthrose à 12 ans est « normal », l’essentiel c’est de mettre tout en place pour que le cheval puisse faire le job qu’on lui demande. Car oui à ce niveau, le cheval à un boulot à faire, à ce niveau on aime le sport, on aime le cheval aussi, mais si on veut rester à ce niveau-là, il faut aimer le sport d’abord (ou être très très riche).

Avant que vous ne jugiez ou que vous critiquiez les décisions des cavaliers de haut niveau, j’aimerai juste que vous réfléchissiez à ça :


Dernièrement, j’ai demandé à une cliente de faire un bilan locomoteur et radio du cheval, je lui ai dit qu’il aurait peut-être besoin d’une infiltration afin de le soulager, elle m’a répondu :

« De toute façon j’ai dit que je ne l’infiltrerai jamais, si j’en venais là, je la mettrai en retraite »

Ma réponse a donc été :

« C’est bien de penser à son cheval comme ça, mais s’il a vraiment mal, il faudra peut-être quand même l’infiltrer avant de la mettre au pré afin de le soulager »


Et donc là, je vous propose de réfléchir à ça :

Vaut-il mieux infiltrer un cheval, enlever la douleur et le garder au travail ou refuser l’infiltration et le mettre en retraite alors qu’il a mal ?

Je vous laisse y méditer, tout n’est pas tout noir ou tout blanc, il n’y a pas de solution parfaite lorsqu’on veut faire du sport. Il ne faut pas être pour ou contre une infiltration, il faut s’adapter au besoin du cheval.


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