
Que ce soit au détour d’une écurie de concours, dans un pré ou dans le casier de pansage d’un ami, nous avons tous déjà vu ou appliqué de l’argile sur les membres d’un cheval. Ce geste, presque instinctif dans le monde équestre, est le remède de grand-mère par excellence.
Que vous cherchiez à favoriser la récupération des tendons après un effort intense, à réduire un oedème récalcitrant ou à apaiser un suros en formation, cette terre miracle offrirait de nombreuses vertus.
Mais comment agit-elle réellement sur l’organisme équin ? Dans cet article, nous levons le voile sur les réelles vertus de l’argile et la meilleure façon de l’utiliser pour optimiser la santé de votre compagnon.
L’argile, c’est quoi exactement ?
Les argiles sont des minéraux naturels composés de silicates. Elles se forment par l’altération des roches au fil du temps. Elles sont extraites de carrières à ciel ouvert, puis purifiées avant transformation. Les contrôles sont plus stricts pour l’usage interne que pour l’usage externe.
Parmi les argiles les plus utilisées, on retrouve :
- La smectite (aussi appelée Montmorillonite)
- L’illite,
- La kaolinite.
Dans cet article, nous nous concentrerons exclusivement sur son usage en externe. Mais si son utilisation en interne vous intéresse, vous pouvez d’ores et déjà lire cet article.
L’argile en usage externe
Les propriétés de l’argile ont fait l’objet de plusieurs études, principalement chez l’humain. Que ce soit sur ses pouvoirs d’absorption ou d’adsorption, ou encore sur son effet cicatrisant ou anti-inflammatoire, faisons le point.
Absorption et adsorption
Selon les recherches de Dias Moreas et son équipe, l’argile possède des propriétés remarquables : elle est capable d’absorber les corps gras, de drainer les exsudats (liquides inflammatoires) et de piéger les toxines ainsi que certains micro-organismes à sa surface.
Toutefois, cette grande capacité d’absorption a son revers de la médaille. Selon sa provenance et son mode de préparation, l’argile peut naturellement contenir ou fixer des métaux lourds, ce qui impose une certaine vigilance quant à la qualité du produit choisi pour votre cheval.
Effet couvrant et barrière protectrice
Mélangée à un liquide, l’argile forme une pâte facile à étaler, adhérente à la peau. Elle peut donc aussi servir de support pour véhiculer certains principes actifs et nous verrons ça un peu plus loin dans cet article.
Effets cicatrisants et anti-inflammatoires
D’après plusieurs études humaines publiées et comparées par Ovincy et ses collègues, les argiles peuvent contribuer à réduire l’inflammation, limiter les œdèmes, ou même aider à stopper de petits saignements.
Il existe toutefois plusieurs types d’argile et il est important de comprendre leur différence.
Quelle argile choisir ?
Les trois argiles principalement utilisées dans les soins sont :
- Smectite : la plus puissante d’un point de vue absorption et adsorption, mais aussi la plus asséchante. de ce fait, elle ne convient pas à tous les types de peau.
- Kaolinite : la plus douce pour la peau, mieux tolérée par les peaux sensibles.
- llite : intermédiaire entre la smectite et la kaolinite, elle est souvent utilisée en mélange.
Dans quels cas utiliser l’argile pour son cheval ?
Chez le cheval, il existe à ce jour très peu d’études. Bastos et ses collègues en ont mené une en laboratoire afin d’étudier les capacités chimiques de 7 argiles vendues pour les chevaux.
D’après les résultats de l’étude, les utilisations possibles chez le cheval pourraient être :
- Aider un hématome à se résorber ou diminuer un engorgement,
- Accompagner la cicatrisation d’une plaie peu profonde,
- Utiliser son effet anti-inflammatoire, couvrant et de rétention de chaleur en enveloppement
Notez bien quand même que c’est une étude menée sur les propriétés chimiques de l’argile et que cela n’a pas été testé sur des chevaux vivants.







