
Utilisé massivement pour traiter les ulcères, l’oméprazole est devenu la béquille de nombreux propriétaires. Pourtant, bloquer l’acidité gastrique n’est pas un acte anodin : c’est une barrière digestive et un moteur d’assimilation que l’on court-circuite. Quels sont les risques réels sur la densité osseuse et la fonction musculaire de votre cheval ? Plongeons dans l’impact méconnu des IPP sur le métabolisme du calcium pour soigner sans dérégler.
Soigner les ulcères gastriques de son cheval
Soigner les ulcères gastriques n’est pas une mince affaire. Pas loin de 90% des chevaux de sport et de course sont atteints d’ulcères gastriques.
Foin à volonté, vie en troupeau au pré, on essaye de faire tout ce qu’il faut pour les éviter mais ce n’est pas toujours assez. Une solution pour lutter contre les ulcères est de donner des compléments régulant l’acide gastrique. Naturel ou pas, le fait de réduire l’acidité de l’estomac a un impact direct sur la flore intestinale de votre cheval. Cela peut également jouer sur les pathogènes. En effet, l’acidité de l’estomac sert entre autres à tuer les mauvaises bactéries afin que celles-ci n’arrivent pas dans les intestins.
Voici donc le problème qu’on a :
- Trop d’acidité = risque d’ulcère, mauvaise digestion, mauvaise assimilation des nutriments, flore intestinale perturbée.
- Traitements pour lutter contre l’acidité = risque de laisser passer les mauvaises bactéries= flore intestinale perturbée.
Comment les IPP bloquent la pompe à protons
Chez le cheval, le traitement médicamenteux le plus connu et efficace à ce jour pour nos amis les équidés est l’oméprazole, mais savez-vous comment il fonctionne?
L’oméprazole est ce qu’on appelle un IPP : inhibiteurs de la pompe à protons. Il permet de diminuer l’acidité gastrique en diminuant la production d’acide dans l’estomac. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) agissent directement sur les cellules pariétales de l’estomac, responsables de la production d’acide gastrique. Ces cellules utilisent une enzyme appelée pompe à protons, ou H⁺/K⁺-ATPase, pour libérer des ions hydrogène dans l’estomac. Les IPP se fixent de façon irréversible sur cette pompe et bloquent son fonctionnement. Résultat : la sécrétion d’acide diminue fortement, quel que soit le stimulus initial. L’estomac devient moins acide, ce qui permet aux muqueuses digestives de cicatriser. L’effet des IPP persiste jusqu’à la synthèse de nouvelles pompes, généralement en 24 à 48 heures.
L’action optimale de l’oméprazole
Chez le cheval, il semblerait que l’oméprazole est le plus d’effet lorsqu’il est donné quand l’estomac du cheval est vide depuis 2h. Il faut ensuite attendre une heure avant de nourrir le cheval, cela permettrait à l’oméprazole d’être passé dans le sang et de faire effet.
Quand l’omprazole ne suffit pas
Lors d’ulcères glandulaires, l’oméprazole peut être couplé au sucralfate qui lui a une action mécanique. Une fois dans le tractus digestif il se transforme en substance visqueuse qui lui permet de venir se fixer sur les lésions. Bien que je n’ai jamais vu son utilisation en France, en Anglerre l’oméprazole peut être donné sous forme injectable en intramusculaire. Son action est d’environ 5-7 jours, une injection une fois par semaine est donc préconisée.
Pour en savoir plus sur les autres médicaments qui peuvent être utilisés, je vous laisse consulter l’article du site Point vétérinaire.
Les ulcères glandulaires sont les plus compliqués à soigner. En effet, non seulement il faut guérir les lésions, mais il faut également refaire la muqueuse gastrique. Pour le moment, les chercheurs ne comprennent pas encore pourquoi la muqueuse perd en qualité engendrant des ulcères dans cette région.
Les dangers de l’oméprazole
Chez les humains, un traitement d’oméprazole engendre une perte de digestibilité :
- Des protéines
- Des matières grasses
- De la vitamine B12
- Du calcium
- Du fer
Ce traitement n’est donc pas anodin. Lorsqu’il est donné sur du long terme (plusieurs années, des cas de neuro-toxicité ont également été répertoriés chez l’humain. Cela reste rare mais ils sont tout de même à prendre en compte. Alors qu’en est-il de nos chevaux ?
L’oméprazole et les chevaux
Les chercheurs se sont donc penchés sur l’effet de l’oméprazole chez les chevaux.







